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05/02/2016

Je n'ai pas envie que mon boulanger m'envoie sa newsletter

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A combien de newsletters suis-je abonné ? Le mois dernier, mon boulanger m’a demandé mon adresse e-mail ! Comme nous entretenons des relations quasi quotidiennes (parce qu’il a la bonne idée de fermer tard) et qu’il fait un excellent pain, je n’ai pas refusé. Mais, intrigué, je lui ai quand même demandé ce qu’il comptait en faire. Sa réponse : je vais faire une newsletter pour mes clients. Ma première réaction a été que l’idée était plutôt bonne. La seconde a été de me m’avouer qu’au fond, je n’ai pas envie de recevoir cette newsletter… et de me féliciter de lui avoir (lâchement) donné mon adresse e-mail « poubelle », celle que je donne pour tout ce qui n’a pas directement trait au travail et à ma vie personnelle.

Pourquoi est-ce que j’ai réagi comme ça ? D’habitude, j’aime bien les gens qui prennent des initiatives mais celle-ci ne suscite pas d’enthousiasme chez moi. En y réfléchissant un peu, j’ai trouvé trois raisons :

1/ Des e-mails, j’en reçois déjà trop… d’où la stratégie multi-boîtes pour faire un premier tri, secondé par l’onglet « promotion » de gmail que j’ouvre de temps en temps… pour le vider sans rien lire ou presque. C’est probablement ce qui arriverait à la newsletter de mon boulanger…

2/ Qu’est-ce que mon boulanger peut bien avoir à me dire ? Je ne peux pas lui reprocher d’avoir envie de parler de son métier et de ses produits mais qu’est-ce que ça m’apporte concrètement en tant que client ? Pas grand-chose a priori (il faut voir… je n’ai pas encore reçu la newsletter en question et peut-être qu’elle n’existera jamais…). En fait, je n’en sais rien, mais puisque tout le monde fait du brand content, pourquoi mon boulanger s’en priverait-il ?

3/ Ce n’est pas un service supplémentaire. Et au fond c’est ça qui cloche. Du coup, je me suis demandé quels services j’apprécierai venant de mon boulanger. Un SMS pour me dire à 19h52 qu’il a déjà vendu la totalité de sa dernière fournée de baguettes Tradition mais qu’il reste des super pains aux noix et qu’il peut m’en mettre un de coté. Déjà, cela me paraît plus intéressant. Mais est-ce qu’un artisan boulanger a le temps de gérer ce genre de communication one-to-one ? Cela me paraît difficile.

Autre idée : je passe devant la boulangerie pratiquement tous les matins mais j’achète le pain en rentrant le soir. Un système de réservation de pain le matin pour le soir serait aussi intéressant pour ses clients que pour le boulanger. Les premiers auraient l’assurance d’avoir ce qu’ils veulent, le second pourrait mieux calibrer ses fournées et limiter les invendus. Pourquoi pas ? A condition que ce soit très très simple, avec un système type de flashcode par exemple.

Si je me montre un peu sceptique dans cet article, je m’aperçois qu’en fait je crois beaucoup à cette forme de services de proximité basés sur la complémentarité online/point de vente. Le projet de newsletter de mon boulanger n’est peut-être qu’un début ?

Cette anecdote renvoie évidemment à la vaste question de la digitalisation des commerces de proximité. Nous vous en avons parlé plusieurs fois ici et ici par exemple. Je viens de lire qu’IBM tablait dans les 5 ans à venir sur une (re)montée en force du commerce physique local, boostée par la technologie.  Pour les artisans de bouche indépendants, le challenge n’est pas facile à relever mais nombreux sont ceux qui innovent : partout en France, des boulangers proposent de nouveau la livraison de pain à domicile (par exemple ici ou encore ). Vu les prix respectifs de la baguette et du carburant, le modèle économique ne doit pas aller de soi, sauf si la tournée du livreur se fait dans un périmètre restreint (à vélo !) et que le service est sur abonnement (au coup par coup, ce doit être un vrai casse tête)… Mais pour le coup, le service rendu est évident. Et puisqu’il est évident, il est probable que le client accepte de le payer, à condition que la promesse soit tenue — en termes de qualité, de délai et dans la durée.

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